Unser Zeichner Franco Castioni hat sieht die Situation im Schweizer Rennsport so.
AG de Galop Suisse à Lenzburg : « Galop Suisse dévoile sa détermination » et opte pour la confrontation (MIS À JOUR)
Le 8 mars 2014, les membres de Galop Suisse se sont réunis à l’occasion de la très attendue 16e Assemblée générale ordinaire.
par Markus Monstein
Avant-propos : il est quelque peu délicat, voire impossible, d’écrire le compte-rendu d’une réunion à laquelle on n’a pas assisté. Bien entendu, on peut toujours énumérer le résultat des votes, ainsi que citer le rapport annuel du président et des différents responsables. Cependant, on ne peut pas retranscrire l’atmosphère qui entourait les participants quand on ne l’a pas soi-même observée.
C’est pourquoi l’auteur de ce texte ne peut pas l’écrire sous sa forme habituelle. En effet, au moment de l’Assemblée générale, je me trouvais à mi-chemin entre la course d’Avenches et Lenzburg, bloqué par le trafic. Il est dommage que dans notre si petite Suisse, il n’ait pas été possible de mieux coordonner les rendez-vous du trot et du galop. J’avais déjà soulevé ce point il y a quelques jours. Il est vrai que le trajet de ce samedi, entre Avenches et Lenzburg, ne concernait que peu de monde. Mais maintenant, ce sont tous ceux qui souhaitaient lire ici le rapport sur l’ambiance de l’AG le soir même qui sont touchés. C’est tout de même regrettable.
MISE À JOUR du dimanche 9 mars 2014
Jakob Broger : «Galop Suisse dévoile sa détermination, ses membres ne se laissent plus marcher sur les pieds.»
Dimanche matin, Jakob Broger, président de Galop Suisse, était déjà de nouveau à pied d’œuvre dans la bonne humeur. Il préparait la réunion du comité directeur du mardi suivant, le 11 mars 2014, où, à la suite des décisions prises par l’AG, la situation devait être débattue et les décisions mises en œuvre.
«L’Assemblée générale s’est bien passée, nous autres du galop suivons notre chemin », a débuté Broger. Les débats ont principalement porté sur le budget, notamment, les rubriques concernant les coûts de sous-traitance de l’administration à IENA Gestion & Services et la participation aux modifications des logiciels ont rencontré une vive opposition. « Pour cela, nous avions budgété 300 000 francs et Jean-Pierre Kratzer voulait que nous en allouions 360 000. Après des discussions houleuses, l’Assemblée générale n’a même pas accepté l’augmentation que nous avions budgétée. Jusqu’à présent, le budget de la sous-traitance s’élevait à 271 000 francs, 296 000 francs après ajout des suppléments et des frais accessoires pour l’exercice 2013. Pour cette année, le budget ne prévoit donc à nouveau que ces 271 000 francs. En raison des exigences croissantes d’IENA Gestion & Services, l’AG a chargé le comité de rechercher d’autres solutions ».
De fait, pour le trot, le poste «Frais administratifs IENA» s’élevait pour 2012 à exactement 271 000 francs. Cependant, au cours de l’AG de Galop Suisse de 2013, qui s’était tenue à Aarau, Jean-Pierre Kratzer avait déjà laissé entendre que les coûts seraient plus élevés que les sommes prévues jusqu’à présent (soit jusque 2012) du fait des nouveaux logiciels. Pourtant, Galop Suisse ne pouvait s’attendre à une surprise aussi grande.
Selon Broger, l’Assemblée générale a très clairement indiqué que le comité de Galop Suisse devait s’affirmer beaucoup plus : «Nous nous montrerons beaucoup plus fermes en la matière et nous suivrons notre propre voie, même si cela entraîne des sanctions. Telle est la volonté de l’Assemblée générale, et je suis ravi que nous ayons reçu des directives aussi claires. Les membres de Galop Suisse ne se laissent plus marcher sur les pieds.»
Broger a donné pour exemple le sujet du retour de Stuten-Derby et 2000 Guineas à Zurich. «Cela a permis à l’IENA de récupérer l’argent destiné aux prix, soit 70 000 francs. Jean-Pierre Kratzer avait promis de s’en servir pour augmenter les prix des courses de plus petite envergure. Comme nous n’avons pas mis en œuvre toutes les propositions de l’IENA au pied de la lettre, cette idée a été de nouveau mise en veilleuse.»
La partie Galop du calendrier des courses ne sera plus imprimée. Économie réalisée : 58 000 francs.
Cela fait déjà un an que l’on avait proposé de ne plus produire le calendrier des courses sous sa forme actuelle. À l’époque, le comité avançait que, grâce au dispositif en ligne d’IENA Gestion, tout serait bientôt disponible sur internet. Un an plus tard, ce n’est toujours pas le cas, c’est pourquoi l’AG a adopté une nouvelle proposition. Le but est d’envoyer le calendrier des courses aux galopeurs en ligne uniquement. Cela permet d’économiser la somme de 58 000 francs sur les frais d’impression et d’expédition, sans nuire à la qualité de la prestation. Les membres se sont déclarés prêts à continuer à payer les 250 francs de l’abonnement. Broger a rappelé qu’auparavant (avant que la production et l’impression ne soient faites à Avenches), la fabrication du calendrier des courses dégageait un bénéfice de 50 %, qui allait dans les caisses de Galop Suisse. «En 2013, nous n’avons tiré de la vente du calendrier des courses qu’une petite marge d’à peine 5 000 francs, les recettes s’élevant à 62'713 francs et les dépenses, à 57'803 francs».
Le comité de Galop Suisse discutera de la suite des mesures dans les jours à venir. Broger part du principe que dès le mois d’avril, le galop ne fera probablement plus partie de la version imprimée du calendrier des courses. Ceux qui veulent rester informés devront obligatoirement passer par internet...
La déduction de 4 % pour le fonds d’élevage est maintenue, et dépend de Galop Suisse, pas de la FSC
Le comité de Galop Suisse avait présenté deux propositions en lien avec les tensions existant entre Galop Suisse et la FSC concernant le contrôle des sommes versées au fonds d’élevage. D’une part, la déduction de la dotation des courses de galop destinée au fond d’élevage devait passer de 4 % à 3 %. D’autre part, le comité proposait d’allouer le 1 % économisé à un nouveau fonds de dotation (pour harmoniser les dotations des courses de galop et pour permettre le partage ou l’organisation de courses supplémentaires).
Ces deux propositions ont été rejetées par l’Assemblée générale. «Le comité ne prend pas cela comme un échec. L’AG nous a confié un mandat clair, qui est que le fonds d’élevage ne doit pas passer à la FSC, mais doit rester entre les mains de Galop Suisse».
Les déductions restent ainsi identiques : 4 % de la dotation totale de chaque course de galop est versée au fonds d’élevage (il est avéré que cette somme est amplement suffisante, note de l’auteur) et Galop Suisse prélève sur chaque gain 8 % supplémentaires au titre des frais de gestion (en 2013, cela représentait la coquette somme de 241'433,46 francs. Cela représente près de 29 % des recettes de Galop Suisse, qui proviennent uniquement de la poche des propriétaires des chevaux vainqueurs).
Andres Lanter est le nouveau trésorier, Rolf Gossweiler est chargé des besoins des propriétaires, l’organe de révision n’a pas été reconduit
Andreas Lanter vient d’être élu au comité. L’ancien jockey et heureux propriétaire (sous ses propres couleurs en partenariat avec sa femme, ainsi qu’avec l’écurie Tell), déjà actif dans plusieurs instances du monde hippique, succède à Rolf Gossweiler au poste de trésorier. Gossweiler (écurie Zürisee) se chargera, au sein du comité de Galop Suisse, des besoins des propriétaires, en tant que président désigné du Club des propriétaires de chevaux de course, qui connaît un nouvel engouement.
Enfin, il est surprenant de noter que l’Assemblée n’a pas reconduit l’organe de révision, à savoir la société Fiduconsult Fidyver SA, domiciliée à Montagny-près-Yverdon, qui officie auprès des autres associations et de l’IENA. Peter Scotton, ancien trésorier et vice-président de Galop Suisse, s’est proposé et effectuera à l’avenir cette tâche pour Galop Suisse.
L’organisation de Galop Suisse confine à la milice : début avril, la marche à suivre sera débattue au cours d’un atelier
C’est début avril que sera débattue, au cours d’un atelier prévu depuis longtemps selon Broger, l’organisation future de la direction de Galop Suisse. « Nous confinons à la milice, et nous devons nous demander comment maintenir sur pied l’organisation de l’association. Nos membres attendent « une disponibilité 24h/24 et 7j/7, ainsi qu’une excellente compétence à tous les niveaux. Hormis le gérant, qui est encore jusqu’en juin salarié à 70 %, nous sommes tous bénévoles », explique Broger, « aussi, nous devons réfléchir à différents cas de figure possibles. Nous pouvons peut-être embaucher un président à plein temps, ou tout transférer à Avenches. Ce ne sont que deux possibilités parmi d’autres ».
Vous trouverez ici les principaux documents concernant l’AG de Galop Suisse (en allemand) :
Commentaire : le principal défi de JPK
Les derniers événements au sein de Galop Suisse montrent très clairement que ses membres ne veulent plus « se laisser marcher sur les pieds. » Qu’ils en ont marre de leur étiquette de « souffre-douleur » des courses de chevaux suisses (c’est en tout cas l’impression que certains ont dans le monde du galop). Mais ils démontrent également que la communication laisse beaucoup à désirer. Il semblerait que Jean-Pierre Kratzer, stratège omniprésent aux multiples casquettes de président, entre ses importants services rendus aux courses de chevaux suisses, le développement du juteux PMU et son « bébé », l’Institut Équestre National Avenches, passera à l’histoire dans le rôle de « l’incompris ». De son point de vue, il est tout bonnement incompréhensible que le monde du galop ne lui fasse pas confiance. Qu’il ne soit pas reconnaissant envers tout ce qu’il a fait pour lui, ce qu’il fait toujours et aimerait bien continuer de faire.
À ce titre, et il faut bien comprendre cela, la célèbre barrière de rösti, contre laquelle JPK a déjà dû se battre durant sa carrière professionnelle quand il était chef de CS Suisse romande vis-à-vis du siège de Zurich, cette ville qu’il n’apprécie pas, n’a rien à voir avec tout cela. Tout au plus, on peut admettre le fait que, même en cas de très bonnes connaissances, la barrière de la langue peut parfois conduire à des malentendus. Pour le reste, force est de constater, comme nous l’avons souvent fait par le passé, que la communication est difficile. Le monde des courses de chevaux suisses est bien trop petit pour que, tôt ou tard, tout le monde ne finisse pas par savoir ce que chacun a dit ou pensé. Ceux qui choisissent de ne divulguer que ce qui les intéresse à un moment donné finissent toujours par se heurter à un problème, voire à plusieurs d’un coup.
Maintenant, suivant le déroulement des semaines à venir, Jean-Pierre Kratzer va avoir un vrai problème (et il ne sera pas le seul, que cela soit clair). En tant que chef de l’IENA, cette évolution ne va pas lui plaire. En effet, dans ce cadre, le contrat de sous-traitance (qui depuis quelques années, en raison de désaccords sur les tarifs, n’était plus prolongé, mais simplement reconduit en attendant de voir) enregistrera une diminution de recettes d’environ 300'000 CHF, et les coûts liés aux nouveaux logiciels devront être financés ou amortis sans les membres de Galop Suisse. De plus, JPK, en tant que président de la Fédération suisse des courses de chevaux (FSC), doit se consacrer au bien de l’ensemble des courses en Suisse, le trot ET le galop. En tant que président de la FSC ou de l’USEP, il ne peut (ou ne devrait) en aucun cas s’attaquer au galop pour une cause sur laquelle le galop est en litige avec l’IENA, et vice-versa (quelle que soit la casquette qu’il porte).
Ce sont précisément ces différents rôles de président endossés par Jean-Pierre Kratzer qui, dans une situation comme celle que nous connaissons actuellement, sont propices aux conflits d’intérêts, conflits dans lesquels il doit désormais paradoxalement lutter contre lui-même. La semaine passée, une réunion avec les membres de l’Association des hippodromes (AH) a donné un avant-goût de ce que pourraient donner les réunions annuelles de l’AH et de la FSC, qui auront lieu vendredi prochain à Dielsdorf. Le fait d’isoler le galop du monde des courses de chevaux en Suisse est synonyme de dangers précisément pour les sociétés de courses de Suisse alémanique (ainsi que d’un surcroît de travail considérable, selon les cas). Car, d’Aarau à Zurich, les courses de galop sont bien plus nombreuses que les courses de trot, et cela restera le cas. Car Avenches a besoin de beaucoup de trotteurs pour les courses Premium.
Pour ne rien arranger, Jean-Pierre Kratzer a aussi de grandes ambitions au niveau international. Le poste de président de l’Union européenne du trot (UET) ne lui suffit pas, comme l’a montré la fondation récemment annoncée d’une organisation faîtière européenne visant à encourager les paris tenus au totalisateur. Il va s’avérer de plus en plus difficile, au vu des dissensions actuelles, de présenter la Suisse (avec lui-même à la tête de la FSC) comme le modèle au niveau international. Un fonceur de la trempe de JPK doit avant tout veiller à ce que l’ordre règne «dans sa propre écurie».
N.B.: il revient à un autre article de déterminer s’il ne serait pas plus raisonnable, dans un pays aussi petit que la Suisse, de réunir et de centraliser tous les domaines possibles du trot et du galop (pour la simple raison que certains domaines sont tellement proches que cela permettrait de gagner beaucoup de temps et d’argent, d’autant plus que le comité de Galop Suisse admet que le système de milice a atteint ses limites !). Cela aurait éventuellement pu avoir lieu depuis bien longtemps si gens du galop s’était senti pris au sérieux. À l’inverse, dans le monde du galop, beaucoup ne veulent par principe plus rien accepter de l'ouest (sauf l’argent, cela va de soi).
Cependant, tout n’est peut-être pas encore perdu, certes, le torchon brûle, mais tous les liens n’ont pas encore été coupés. Toutefois, il faudra bien des concessions dans chaque camp pour réussir à résoudre ce conflit, si toutefois chacun le souhaite encore.
On en attend notamment beaucoup de Jean-Pierre Kratzer, s’il veut exercer de façon équitable ses différentes fonctions de président et de chef, pour ainsi dire comme jamais auparavant dans le monde des courses de chevaux. Cependant, on peut supposer qu’il avait prévu cette évolution, comme un stratège astucieux, un joueur d’échecs qui a plusieurs coups d’avance. Dans une interview donnée au début de l’année à horseracing.ch, il avait déjà souligné que cette année, chacun devrait afficher ses couleurs et prendre ses responsabilités. Nous allons donc voir si et, le cas échéant, comment, en tant que président de la FSC, il va gérer les récents développements en prenant en considération les intérêts de l’ensemble de ce sport.
Il reste un (léger) espoir : celui qu’enfin chacun prenne conscience de la vulnérabilité des courses et de l’élevage en Suisse. Qu’il en faudrait peu pour que tout implose. Haut les cœurs : qu’est-ce qu’on gagne à «avoir raison» d’un point de vue personnel et à «rester cohéren » si à la fin, tout le monde est perdant ? Cela rappelle la géniale tragédie d’Albert Camus, Le Malentendu.
Markus Monstein
horseracing.ch
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